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Les plus beaux livres du Libriosaure


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Je possède des livres anciens qui ont ce parfum étrange de voyage dans le temps, d’illusions amères et de cauchemars confessés. J’ai de vieux livres doux, aux couvertures démodées et fascinantes, que l’on ne fait plus. Chaque courbe du motif m’évoque une idée, une idée qui roule sur la feuille de l’écrivain et éclot dans mon esprit.

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C’est un petit peu de poésie, c’est un petit peu d’amour ; c’est une ode timide à toutes ces choses futiles, à tout ce qui ne sert à rien… Mais qui maintient en vie.

Les plus beaux livres du Libriosaure

Mes possessions de bibliophile les plus précieuses sont celles qui m’ont marquée le plus. Cela pourrait sembler logique et pourtant, c’est bien un hasard si j’ai ces quatre livres clefs aujourd’hui dans ma bibliothèque. Parmi eux, une édition complète de la Pléiade, deux recueils de poèmes dénichés sur les quais de la Seine, et un recueil philosophique — offert par une amie inestimable.

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Les pensées

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Les pensées de Pascal, je les ai découvertes à 17 ans, en cours de littérature. Il m’a fallu un temps infini pour comprendre ces fragments d’idées philosophiques ; il m’a fallu du travail, de la patience et beaucoup d’écoute pour trouver un sens à ces mots réunis brutalement dans un recueil que l’auteur n’a finalement jamais vu naître. Bien que je sois, à de nombreux égards, aux antipodes spirituelles de Pascal, j’ai toujours trouvé que ses Pensées contenaient un bon mot, un regard juste, sur chaque chose qui constitue une vie. Je me suis amusée, de la terminale jusqu’au CAPES, à mettre une citation de Pascal dans chacune de mes dissertations. Et, lors de ma titularisation, pour devenir professeure de lettres, j’ai choisi de présenter à mon inspectrice une séance sur un texte de Pascal. Ce recueil, aussi farfelu soit-il aux yeux d’autrui, cristallise ma formation littéraire et mon amour des lettres.

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Emaux et camées

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Ce recueil de poèmes a été ma première véritable rencontre avec la poésie. Je l’avais découvert jeune, vers douze ans, en traînant dans le rayon des classiques. J’ai ouvert une page au hasard et je me suis pris les vers de Carmen, en pleine figure, comme une explosion.

« Elle a dans sa laideur piquante
Un grain de sel de cette mer
D’où jaillit nue et provocante,
L’âcre Vénus du gouffre amer. »

J’ai tourné d’autres pages et j’ai goûté au poème le plus pur — et je le pense toujours — qu’il m’ait été donné de lire : La symphonie en blanc majeur. Si je devais ne conserver qu’un seul recueil de poèmes sur cette terre, je choisirais Emaux et camées de Théophile Gautier, car il joue sur les mots, les images, les sons… et ne sert à rien d’autre qu’être beau.

Découvrir "La symphonie en blanc majeur"

SYMPHONIE
EN BLANC MAJEUR

De leur col blanc courbant les lignes,
On voit dans les contes du Nord,
Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes
Nager en chantant près du bord,

Ou, suspendant à quelque branche
Le plumage qui les revêt,
Faire luire leur peau plus blanche
Que la neige de leur duvet.

De ces femmes il en est une,
Qui chez nous descend quelquefois,
Blanche comme le clair de lune
Sur les glaciers dans les cieux froids,

Conviant la vue enivrée
De sa boréale fraîcheur
À des régals de chair nacrée,
À des débauches de blancheur !

Son sein, neige moulée en globe,
Contre les camélias blancs
Et le blanc satin de sa robe
Soutient des combats insolents.Dans ces grandes batailles blanches,
Satins et fleurs ont le dessous,
Et, sans demander leurs revanches,
Jaunissent comme des jaloux.Sur les blancheurs de son épaule,
Paros au grain éblouissant,
Comme dans une nuit du pôle,
Un givre invisible descend.De quel mica de neige vierge,
De quelle moelle de roseau,
De quelle hostie et de quel cierge
A-t-on fait le blanc de sa peau ?A-t-on pris la goutte lactée
Tachant l’azur du ciel d’hiver,
Le lis à la pulpe argentée,
La blanche écume de la mer ;Le marbre blanc, chair froide et pâle,
Où vivent les divinités ;
L’argent mat, la laiteuse opale
Qu’irisent de vagues clartés ;L’ivoire, où ses mains ont des ailes,
Et, comme des papillons blancs,
Sur la pointe des notes frêles
Suspendent leurs baisers tremblants ;
L’hermine vierge de souillure,
Qui, pour abriter leurs frissons,
Ouate de sa blanche fourrure
Les épaules et les blasons ;Le vif-argent aux fleurs fantasques
Dont les vitraux sont ramagés ;
Les blanches dentelles des vasques,
Pleurs de l’ondine en l’air figés ;L’aubépine de mai qui plie
Sous les blancs frimas de ses fleurs ;
L’albâtre où la mélancolie
Aime à retrouver ses pâleurs ;Le duvet blanc de la colombe,
Neigeant sur les toits du manoir,
Et la stalactite qui tombe,
Larme blanche de l’antre noir ?Des Groenlands et des Norvèges
Vient-elle avec Séraphita ?
Est-ce la Madone des neiges,
Un sphinx blanc que l’hiver sculpta,Sphinx enterré par l’avalanche,
Gardien des glaciers étoilés,
Et qui, sous sa poitrine blanche,
Cache de blancs secrets gelés ?Sous la glace où calme il repose,
Oh ! qui pourra fondre ce cœur !
Oh ! qui pourra mettre un ton rose
Dans cette implacable blancheur !

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Les fleurs du mal

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Bien que je ne sois pas une inconditionnelle groupie de la plume baudelairienne, je considère que le recueil des Fleurs du mal a eu une importance capitale dans la construction de mon être. J’ai découvert la poésie de Baudelaire lorsque j’étais adolescente, malheureuse, tourmentée ; et j’ai vu, bien entendu, dans ces vers sombres et obscènes, un alter ego. Aujourd’hui, je souris en relisant ces poèmes et en ayant le souvenir d’y avoir vu un miroir tendu vers moi. Cependant, c’était bien plus que cela : savoir que de si horribles pensées, des textes aussi moroses, glauques et impertinents avaient pu traverser les siècles me donnaient le droit, moi aussi, d’être mélancolique et étrange. Je découvrais avec Baudelaire que l’on pouvait être morbide, génial, différent, atypique et laisser son empreinte. Baudelaire ne savait sans doute pas que, bien longtemps après lui, il balaierait des hontes adolescentes à la force de ses vers.

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Les œuvres de Chrétien de Troyes

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Les récits chevaleresques de Chrétien de Troyes sont une découverte littéraire tardive. Je n’avais jamais trouvé de plaisir à lire, dans les petites classes, les aventures de Lancelot ou Perceval. Il m’a fallu découvrir ces textes lors de mon apprentissage de l’ancien français à l’université. Il a fallu que je traduise, moi-même, certains passages de Chrétien de Troyes pour y déceler enfin la beauté de son œuvre. J’ai vraiment compris quelle douceur littéraire j’avais en face de moi, au beau milieu d’un partiel d’ancien français. Au fur et à mesure que je démêlais cette pénible traduction, j’y découvrais merveilles sur merveilles — moi qui, pourtant, avais un niveau déplorable dans cette discipline.

La littérature médiévale est une mine de pierres précieuses ignorée, car l’on y voit généralement qu’une grotte obscure. Pourtant, les récits de la table ronde, les histoires sublimes de Tristan et Iseult, gardent en elles des trésors universels et intemporels. Le roman de Chrétien de Troyes que j’aime le plus est celui d’Yvain le chevalier au lion, et j’aime tant ce récit, que je ne saurais vous expliquer pourquoi. Les textes de Chrétien de Troyes sont poétiques, délicats, drôles, incisifs, philosophiques. Aucun roman ne peut me bouleverser davantage que les siens.

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6 échanges
Livre rangé le 28 février 2018 dans les bibliothèques : Beaux livres, Bilan de lectures, classique, Conseils littéraires, Plus de 40 euros, Sélection


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Ils sont superbes tes livres et bravo pour les photos…

Goran
28 février 2018 - 8 h 52 min



Merci beaucoup 😳

Libriosaure
3 mars 2018 - 0 h 09 min



Tu n’as jamais pensé a te faire faire un ex-libis ?

Gor
6 mars 2018 - 11 h 39 min



beaux livres et très belles photos!

Violette
11 mars 2018 - 14 h 19 min



Comme ils sont beaux ces livres et tu les mets tellement bien en valeur à travers tes photos *.*

marion
30 mai 2018 - 11 h 02 min



Oh, merci ♥

Libriosaure
31 mai 2018 - 17 h 31 min



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